Le nord du Bénin vit sous tension. Les attaques terroristes se multiplient dans l’Atacora et l’Alibori. Les villages frontaliers sont les plus exposés. Les groupes armés venus du Burkina et du Niger visent les forces de sécurité et les populations civiles. La peur gagne du terrain. Les écoles ferment. Les déplacements se font sous escorte.
Par : Idriss NOUR
Face à cette menace, le gouvernement muscle sa riposte. L’Union européenne a récemment offert au Bénin un avion de surveillance Cessna C208B. Cet appareil appuie l’Opération Mirador déjà déployée pour sécuriser les zones sensibles. Des militaires supplémentaires ont été envoyés. Mais la coopération régionale est inexistante. Les régimes putschistes du Niger et du Burkina-Faso, bien qu’ayant le plus à perdre, refusent toute forme d’unité d’action contre les terroristes. Pour contourner cette difficulté, le Bénin mise aussi sur la formation de ses forces spéciales.
Mais la population s’inquiète malgré toutes ces mesures. Les routes sont moins sûres. Les activités agricoles ralentissent. Certains habitants quittent les zones menacées. Les élus locaux alertent sur le risque humanitaire. Les analystes craignent que la pression djihadiste déstabilise les équilibres sociaux et fragilise le commerce frontalier.
À en croire plusieurs sources, les terroristes cherchent à recruter parmi les jeunes désœuvrés. Les autorités affirment avoir intensifié les programmes d’appui économique et social. Mais les résultats restent limités. Visiblement, la bataille ne se joue pas seulement sur le terrain militaire. Elle se joue aussi dans la confiance que l’État saura maintenir avec ses populations.