Elections générales 2026/Fausses procurations aux Impôts : Les Démocrates jouent-ils leur survie politique ?
Le parti Les Démocrates de Boni Yayi est au cœur d’un nouveau scandale qui pourrait compromettre sa participation aux élections législatives et communales du 11 janvier 2026. Dans un communiqué non daté et publié par le média Peace FM ce 7 novembre 2025, le Procureur spécial près la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme révèle une affaire de falsification de procurations qui pourrait avoir des conséquences explosives pour la principale formation d’opposition.
Par La Rédaction
Selon le magistrat Elonm Mario Metonou, la Direction générale des Impôts et le Centre national du casier judiciaire ont reçu plusieurs dizaines de demandes de duplicatas de quitus fiscaux et de casiers judiciaires émanant essentiellement des premiers responsables du parti Les Démocrates. Ces documents sont indispensables pour constituer les dossiers de candidature aux prochaines échéances électorales.
L’enquête menée par la Direction de la police judiciaire a révélé un système de fraude organisée. Confrontés à l’obligation du Code électoral de présenter des candidats dans toutes les circonscriptions électorales, mais rencontrant des difficultés à en désigner dans certaines zones, des responsables du parti, peut-on lire dans le communiqué, auraient entrepris de solliciter ces pièces au profit de personnes n’ayant parfois aucun lien avec leur formation politique. Plus grave encore, certains auraient confectionné de fausses procurations en imitant grossièrement les signatures de prétendus mandataires pour retirer les documents administratifs.
Selon le PS, deux éléments ont permis aux enquêteurs d’établir la falsification. Il s’agit de la non-conformité des signatures avec celles figurant sur les certificats d’identification personnelle des demandeurs, et les auditions sur procès-verbal des personnes concernées qui ont toutes affirmé n’avoir jamais délivré de telles procurations. À ce jour, deux individus ont été interpellés à la Direction générale des impôts en possession de procurations falsifiées, précise le communiqué.
Les faits exposés sont susceptibles de constituer les infractions de faux et usage de faux ainsi que de fraude en matière électorale, punies de un à cinq ans d’emprisonnement. Mais au-delà des sanctions pénales, c’est la participation même du parti aux élections de janvier qui pourrait être remise en question.
En effet, si la Commission électorale nationale autonome découvre des documents falsifiés dans les dossiers de candidature déposés par Les Démocrates, elle pourrait invalider tout ou partie de ces candidatures. Ce scénario catastrophe intervient dans un contexte déjà explosif pour le parti de Boni Yayi. Après avoir été écarté de la présidentielle d’avril 2026 faute d’avoir pu réunir les 28 parrainages requis, le parti a déjà perdu six députés qui ont démissionné, dénonçant la gestion de l’ancien chef d’État. Les élections législatives et communales de janvier représentaient pourtant la dernière chance pour Les Démocrates de maintenir leur influence politique et de contrôler éventuellement le Parlement. Une victoire massive leur aurait permis de peser sur les décisions du futur président et de préparer les échéances futures. Mais si la Céna découvre des candidatures construites sur des documents falsifiés, c’est la participation de LD à ces élections qui seront probablement compromises.