En République démocratique du Congo, un mini-séisme politique secoue Kinshasa. Vital Kamerhe a annoncé sa démission de la présidence de l’Assemblée nationale, devançant une pétition qui menaçait de le destituer. Cette décision surprend autant qu’elle illustre la fragilité des équilibres au sein de la majorité présidentielle.
Par La Rédaction
La pétition, initiée par un groupe de députés, pointait du doigt plusieurs griefs. Les signataires reprochaient à Vital Kamerhe sa gestion jugée trop personnelle de l’hémicycle et des décisions prises sans concertation. Il pesait également sur lui des soupçons persistants autour de certains choix budgétaires. Dans un climat politique déjà tendu, la pression était devenue insoutenable.
Plutôt que de subir l’humiliation d’un vote de destitution, l’ancien directeur de cabinet du président Félix Tshisekedi a préféré prendre les devants. En choisissant la démission, Vital Kamerhe évite une défaite politique retentissante qui aurait terni davantage son image. Ce calcul traduit sa volonté de rester acteur de la scène nationale malgré cette épreuve. Visiblement, il est loin d’être enterré sur le plan politique de son pays.
L’homme, au parcours atypique, est connu pour sa ténacité. Ancien président de l’Assemblée nationale entre 2006 et 2009, il s’était déjà illustré comme l’un des visages marquants de la classe politique congolaise. Candidat à la présidentielle en 2011, puis allié de Félix Tshisekedi en 2018, il a su garder une place dans le jeu malgré les revers. Son passage comme directeur de cabinet du Président de la RDC, marqué par un procès retentissant pour détournement de fonds avant son acquittement, a encore accentué sa notoriété.
En se retirant aujourd’hui de la présidence du parlement, Vital Kamerhe cherche surtout à se repositionner. Il s’évite une disgrâce publique et ouvre la voie à un futur retour, fidèle à son image d’homme politique difficile à écarter durablement.