Bénin/Verdict affaire Casse BGFI : Sept ans de prison en moins pour Désiré Vodonon, une clémence qui fait débat
En appel, la CRIET vient de réduire de moitié la peine de l’ex-député Désiré Vodonou. Un tournant dans l’affaire très médiatisée de la casse de la BGFI Bank Bénin. L’ancien parlementaire, condamné à quatorze ans de prison en première instance, voit désormais sa sanction ramenée à sept ans de réclusion ferme. Le verdict est tombé hier, lundi 17 novembre, après plus d’un an de procédure.
Par La Rédaction
Le parquet spécial avait décrit l’affaire comme une tentative de manipulation du système informatique de la banque. L’objectif était, selon l’accusation, d’injecter dans le réseau bancaire des fonds d’origine illicite présentés comme provenant de Russie. Le banquier Sylvestre Attadé et l’informaticien sénégalais Sy Sérigne Abdoul Aziz étaient désignés comme les exécutants techniques. Désiré Vodonou, lui, aurait été associé au montage avant de tenter de s’en éloigner.
La décision de la chambre des appels ne concerne pas que l’ex-député. Ses deux co-accusés voient également leurs peines réduites. Sylvestre Attadé, ancien chef d’agence de la BGFI à Godomey, et Sy Sérigne Abdoul Aziz bénéficient aussi d’un allègement de peine. Les amendes, qui atteignaient 2,11 milliards de francs CFA, sont revues à la baisse et ramenées à environ 700 millions de francs CFA.
Les peines sont allégées, mais les sanctions restent sévères. La confiscation des biens est intégralement maintenue, à l’exception des biens familiaux. Sylvestre Attadé quant à lui demeure interdit à vie d’exercer dans le secteur bancaire. Sy Sérigne Abdoul Aziz pour sa part reste sous le coup d’une interdiction de séjour au Bénin après l’exécution de sa peine.
Cette décision met fin à une longue phase d’appel engagée il y a plus d’un an. Ce dossier judiciaire reste l’un des plus scrutés du pays. L’affaire, qui mêle technologie bancaire, flux financiers suspects et responsabilités politiques, continue de susciter de fortes réactions dans l’opinion. La réduction partielle des peines ne clôt pas le débat. Elle ne fait que relancer les discussions sur les zones d’ombre et sur l’ampleur réelle du réseau qui avait tenté de contourner le système bancaire béninois.