Justice au Bénin/Procès de l’ex-DGPN à la Criet : Louis Philippe Houndégnon s’excuse… mais sans vraiment se repentir

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L’ex-directeur général de la Police nationale, Louis Philippe Houndégnon, était de nouveau face aux juges de la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme le lundi 6 Octobre dernier. Cette fois, l’ancien haut gradé n’a pas cherché à s’enfermer dans la confrontation. Il a présenté ses excuses à toutes les personnes que ses propos auraient pu heurter. Mais son mea culpa sous conditions laisse planer des doutes quant à sa sincérité.

Houéfa CICA

Son revirement tranche avec le ton qui était le sien au moment des faits. À cette époque, l’ex-général Houndégnon défiait ouvertement les autorités actuelles du pays. Une posture jugée incompatible avec son parcours d’officier de police chevronné et son statut d’ex-directeur général de la police nationale. De nombreux observateurs avaient alors vu dans ses sortie publiques une faute morale grave, d’autant qu’elle provenait d’un homme censé incarner la discipline et le respect de la hiérarchie républicaine.

C’est donc tout naturellement que son mea culpa à la barre a donc surpris. L’ancien patron de la police a reconnu que ses interventions médiatiques ont pu être mal interprétées et qu’il regrettait toute forme de malaise qu’elles auraient pu susciter. Mais l’usage répété du mot “si” dans ses excuses laisse perplexe. Dire “…si ce que j’ai dit a gêné… » donne le sentiment qu’il ne se reconnaît pas pleinement fautif. C’est une formule prudente, presque défensive, qui laisse planer un doute sur la sincérité de son repentir. Car on ne s’excuse pas vraiment quand on conditionne la faute à un “si”.

Cependant, cette ambiguïté ne doit pas occulter la trajectoire d’un homme qui a longtemps servi la République. Louis Philippe Houndégnon a passé une grande partie de sa vie à protéger les Béninois, souvent au péril de la sienne. Le tribunal, tout en disant le droit, peut aussi se souvenir de cela. La justice n’est pas seulement répressive. Elle peut être humaine et tenir compte du passé d’un serviteur de l’État. La République, dans sa grandeur, sait parfois pardonner à ses fils lorsqu’ils reconnaissent leurs errements. Même maladroitement.

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